MERCI Marcel !


A l’aube de son 10ème anniversaire, le REAL s’apprête à remercier un personnage emblématique qui aura largement contribué à écrire les premières pages de l’histoire de ce jeune club.

Successeur de Jean-Marc Espada, le béarnais Marcel Tréméa pose ses valises en Chalosse en 2010 (après un aller-retour en Nationale 2 avec Oloron) pour y vivre une longue et rare histoire d’amour à ce niveau de compétition. Rencontré à maintes reprises par le SAMB (Saint-Aubin Maylis Basket) auparavant avec Oloron, le tacticien n’arrivait pas en terrain si inconnu, non pas sans appréhension : « C’est la première fois que je quittais Oloron, je ne savais pas à quoi m’en tenir, juste qu’il y a plus de pression au REAL. A l’époque, on avait été adversaires directs dans des matchs plus ou moins agités. Venir au REAL, c’était une découverte. Dans les Landes, hormis Robert Bialé et Frédéric Lanave, l’espérance de vie sur un banc n’était pas durable ». Fidèle à la JA Oloron pendant plus de quarante années consécutives en tant que joueur et entraîneur, le REAL va profiter de ses services pendant 8 saisons : « C’est quelqu’un qui humainement a de très fortes valeurs. Au niveau basket, il n’y a pas de hasard avec lui dans la préparation des entraînements et des matchs. Chaque détail est important. Il arrive en plus à instaurer un climat de confiance entre les joueurs et le staff; chacun a un rôle à jouer ».  analysait Mouss M’Rica, un temps son assistant.

Et dès sa première saison, Tréméa frappe fort : il amène son groupe et plus de 700 supporters déchaînés dans les arènes de Pomarez pour la finale de la Coupe des Landes : « C’est une compétition très particulière, il y a une pression sur l’équipe favorite. Un match de coupe, soit ça te transcende ou à l’inverse ça te paralyse et pour cette première année, nous battons HDC à Dax en ¼ (doublé d’une victoire des filles) et on se qualifie en finale. J’ai vraiment ressenti ce que c’était que la coupe des Landes et ça l’était encore plus lors de la finale quand sept bus partent pour faire 15km, cela rajoute un surplus de pression ». Malheureusement, une première amère où le REAL n’avait pas trop existé face au BCG (Gamarde). A côté de cela, il maintient et encre le REAL dans une position de sérieux outsider ou favori dans sa poule de Nationale 3.

2012 reste une année marquante pour lui : « Je me souviens d’une défaite en ½ finale de Coupe des Landes à Mitterrand, non pas pour la défaite en elle-même, mais pour le vestiaire avec des joueurs qui avaient de l’expérience et qui étaient en pleurs : on aurait dit des benjamins qui avaient perdu une finale. Cette image là et le silence, ça m’a marqué. Bien évidemment, il y a les succès en Coupe des Landes et Sud-Ouest mais un vestiaire silencieux, au bruit des sanglots, c’est très lourd et dur à supporter. On ne sait pas trop quoi dire dans ces moments si délicats ». Heureusement, des moments comme cela, il en vivra peu. En effet, en 2013, il ramène les siens dans les arènes, cette fois-ci pour la coupe régionale, la Super Coupe Sud-Ouest. Pour y arriver, il se souvient d’un ¼ de finale épique ! « L’année où on la gagne, Romain Larrieu dit « Brougnon », nous sort deux paniers venus d’ailleurs qui a valu un bel envahissement du terrain : il faut toujours y croire, on aurait dû passer à la trappe mais la solidarité et des joueurs comme lui qui font partie de ce paysage ont fait la différence ». La bande à Condéranne réalise un final four parfait : elle terrasse l’UDG, alors en N2, puis l’ASCH. C’est le premier titre majeur du REAL.

La saison suivante est mitigée (élimination en ½ finale de la coupe des Landes) et les cadres expérimentés (Condéranne, Margueritte) partent au profil d’un jeune renouveau. C’est une des saisons les plus abouties puisque, finissant deuxièmes de leur poule, les hommes de Marcel Tréméa ramènent la coupe aux grandes oreilles. La deuxième fois est la bonne ! « La victoire de 2015, la première du club, était aussi la première pour la plupart des joueurs dont notamment Romain Lesbarrères qui la décroche en toute fin de carrière. Cela prouve qu’elle est compliquée à gagner. C’était un parcours inespéré mais intense. Après la victoire, on est resté entre nous dans les vestiaires avec du champagne durant une heure ou deux, ce sont des souvenirs gravés. Lors de ce sacre, j’ai toujours en mémoire cet accueil à 7h du matin comme des dieux chez la famille Layan ! C’est là que l’on s’aperçoit que l’on procure de la joie aux gens ». Mieux, le doublé est très proche. Une nouvelle fois sensationnels face à l’UDG en demi-finale de la coupe Sud-Ouest, les réalais échouent en finale face à l’ASCH, qui les avait déjà éliminés en ¼ (la victoire en coupe des Landes qualifie directement le vainqueur en demi-finale de la coupe Sud-Ouest).

2016 sera un nouveau cap franchi par Marcel et le REAL : si le REAL passe à côté des coupes (élimination en ¼), il domine son championnat. Une poule où les 5 équipes landaises tutoieront les sommets un long moment. C’est le REAL qui sort son épingle du jeu, décrochant le titre de la poule C après une saison quasi-parfaite. A une journée du terme, l’accession est acquise. « Sur le sportif proprement dit, c’est la plus belle année : cette année-là, on a montré de très belles choses, le parcours en play-off battu par Le Cannet futur champion nous laissera quelques regrets. Pour autant, c’était une saison aboutie sportivement, affectivement, l’engouement avec des salles combles à chaque fois. Avec un jeu plaisant, c’est sûr, c’est l’une des plus complètes avec celle du maintien en N2 ». Le club aura réfléchi un moment avant d’accepter cette montée.

La première saison en Nationale 2 est inespérée : un bilan comptable équilibré avec le scalp des gros bras de la poule ! Mais à côté, nouvelle déception face à Coteaux du Luy encore en coupe des Landes. L’étiquette de favoris colle mal à la peau du REAL puisqu’en 2018, le REAL subit une nouvelle double élimination décevante, face à des supposés plus faibles sur le papier. « Cette dernière saison me laisse des regrets, j’espérais bien gagner au moins une Coupe. Ne pas l’avoir fait avec certains qui sont là depuis longtemps est une déception. Auparavant, avec chaque groupe, on a toujours réussi à avoir un titre ou au moins, tous les deux ans atteindre au minimum une finale. Le groupe de cette année a des valeurs, le niveau N2 monte tous les ans et malgré ce qu’il y a eu cette saison, les joueurs ont répondu présents et ont mouillé le maillot même lors de larges défaites. Ne pas avoir remporté quelque chose est mon principal regret sur la saison ». Il quittera donc le REAL avec un petit goût d’inachevé, pour retrouver son chez lui, la JA Oloron en Nationale 3 (qui a fini 9ème de sa poule et maintenu, ndlr) : « Quand tu reprends une équipe, c’est toujours un challenge, je reviens huit ans après. C’est à la fois long et court. Il faut que je retrouve mes marques. Grâce au REAL sportivement, j’ai eu beaucoup de réussite, ça m’a fait grandir. J’ai beaucoup plus d’expérience que quand je suis parti, je vais tenter de mettre à profit tout ça pour avoir des résultats avec Oloron, je suis passionné et je fais tout à fond, encore plus à la JAO ! Le regret, c’est le niveau N2 qui me manquera : on joue contre des pros. Faire tomber des gros, j’aimais bien avec nos petits moyens. Je vais aussi regretter les derbys et la Coupe des Landes, j’y reviendrais peut-être dans les Landes mais en sortant du REAL, je ne me voyais pas partir dans un autre club Landais. De plus, avec l’appel du club de mon cœur je n’ai pas longtemps hésité ».

Pendant ces années, il aura tout réussi ou presque ! Mais humble, il met en lumière tout le reste du club : « cette réussite est due à beaucoup d’éléments. C’est comme un puzzle chaque année ; il ne manquait aucune pièce. Les dirigeants, joueurs et staff ont travaillé dur, il y a toujours eu une ligne de conduite, le club a grandi et gardé ses valeurs malgré les résultats. Il a toujours eu les pieds sur Terre, les chevilles n’ont pas enflé, les dirigeants ont bossé constamment. C’est un tout qui a fait ce succès. Les joueurs tout comme moi avons un bon souvenir du club. Avec tout cela, on a pu aller chercher ces succès-là et ces titres ».

Au REAL, on aura noté et apprécié son dévouement et sa passion malgré la route qui le séparait de son domicile : « Je marche beaucoup à l’affectif. La route n’est pas un inconvénient mais un sens de décompression, en écoutant par exemple Moscato. On repense à l’entrainement effectué, s’il s’est bien passé, ou au match vécu voire au prochain match et donc au programme du prochain entraînement. Pour l’énergie, je suis un passionné mais la passion, il y en avait en face de moi ! Ça s’est fait naturellement, durant près de sept ans j’étais tous les jours au téléphone avec Bernard Récurt (désolé Odile !), il y avait beaucoup de complicité, il a compté pour moi et a eu un rôle important ».

Une dernier fois devant son public, le REAL et Marcel essaiera de terminer sur une bonne note samedi face aux JSA Bordeaux : « On fera comme les autres matchs, tout pour le gagner. C’est la fin d’une aventure et avec ces joueurs dont je suis attaché. Ils auront j’en suis sûr à cœur de le gagner. Sportivement, entre les départs et les blessures, on s’est donné un pacte, celui de finir non relégable (avec la refonte du championnat, c’est fait !). On s’est fixé cet objectif depuis quelques temps et en plus de ça, c’est la dernière devant nos supporters. Donc ça serait encore mieux de le gagner ». Après cela, le REAL retournera, à sa demande, un échelon plus bas. Marcel approuve ce choix : « Le retour en N3 a été anticipé par le club, les dirigeants ont bien vu le problème qui aurait pu avoir en N2. La N3, c’est un niveau plus taillé pour le REAL Chalossais. Quand on voit les équipes en N2, il n’y a pas forcément de valeurs dans ces groupes-là. La N3 ressemblera alors plus au club et le REAL sera plus à l’aise. Mais je reste persuadé qu’on aurait pu bien se comporter en N2 avec toutes les valeurs du club, d’autant plus avec les prochaines refontes ».

Après huit ans, tout le club le remercie. Lui aussi tenait à remercier : « il y a huit ans, je suis arrivé en même temps que Mouss M’Rica : on ne se connaissait pas et maintenant on est ami. Il a fait monter son équipe 2 en Pré-Nationale, les passerelles entre nos équipes se passaient bien, je voudrais le remercier pour ce qu’on a fait ensemble. Remercier Fred et Franck avec qui il y a des liens forts aussi, on a très bien travaillé, c’était un plaisir avec eux. Avec le staff, ce sont des souvenirs qui resteront. Remercier le REAL pour les Coupes, la N3 et la N2 dont je n’avais pas réussi à la JAO, ça me tenait à cœur avec le REAL. C’est une grande famille, je remercie tout le monde, les connaissances ou les amitiés. Il faut le vivre de l’intérieur pour s’en apercevoir, huit ans ce n’est pas rien. Je me rappelle de ce premier entretien un 1er Mai dans un bar à Sault de Navailles avec les dirigeants. Ce sont des moments qui te marquent. Sincèrement, cette aventure ici s’est très bien déroulée. Quand je suis parti d’Oloron, je pensais avoir un club de cœur, à présent j’en ai deux. Il y a eu des résultats, ça restera gravé. C’est un deuxième club de cœur. Je ne pensais pas que c’était possible, mais le REAL va beaucoup compter et j’aurais grand plaisir à revenir : il y a eu de très belles connaissances et je serai toujours ravi de revoir tout ce monde. Hasta la Victoria ! ».

Bonne continuation Marcel et Merci pour tout

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